L’atelier d’écriture continue de s’exprimer

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Dernière mise à jour : 10 juillet 2020

Les plumes de l’atelier d’écriture du Centre Culturel Baschet reprendront leur envol à la rentrée. En attendant, voici leurs derniers écrits avant la trêve estival et en ettendant de les retrouver à la rentrée.

L’atelier se tiendra un mardi par mois, de 19h à 21h, au conservatoire, 5 place du Marché.

L’équipe vous propose de venir la rencontrer mardi 22 septembre 2020 pour un atelier découverte.

Le tarif annuel de l’atelier est de 50 €. Vous pouvez appeler le Centre Culturel Baschet pour tout renseignement et inscription : 01 80 37 23 58.

Les textes appartiennent à l’atelier d’écriture, ils ne peuvent en aucun cas être copiés sans son accord.

Thème #11 : en attendant – juin

EN ATTENDANT

En attendant que ce monde évolue
Je ne cherche plus à être impeccable
Cette qualité ne m’est plus dévolue
mes joies de vivre sont par ailleurs innombrables

En attendant que ce monde se pose
je continue mon chemin en déséquilibre
je suis comme la fragile rose
ballottée par les vents, mais toujours libre

En attendant que ce monde soit beau
mon esprit bat la campagne
déconcentration est son credo
il déploie ses ailes pour voler plus haut

En attendant que ce monde soit miroir
Je suis une fleur, un arbre, un oiseau
J’ai usé de mon rire comme d’un polissoir
j’ai fécondé un jour nouveau

J’ai renversé tous les codes
Je suis l’âme du vent
j’ai activé le plus beau des modes
L’amour du moment présent

En attendant que ce monde soit parfait
Je rêve ce que je serai
quand mon cœur se tiendra enfin
au centre de chaque lendemain.

Marylo – juin 2020


ATTENTES

Vendredi 17 heures

Petite attend.

Seule, dans le couloir, assise sur un banc au verni écaillé par fesses et pieds passés dans cette école maternelle.
Petite écoute.

Directrice téléphone dans son bureau. Petite n’entend pas mais se doute de la conversation

“-Votre fille vous attend Monsieur, depuis une demi-heure !” Voix sèche de Directrice.

Ce n’est sûrement pas la faute de Papa. De toute façon, il ne dira jamais “je l’ai oubliée…désolé !”

Non, plutôt :

“Désolé Madame, suis en route mais il y a des embouteillages”.

Petite attend, un peu désabusée mais confiante, que Papa la soulève, l’enlève pour deux petits jours câlins.

Papa, coincé dans sa voiture, la radio bloquée sur F.I.P. censée le décontracter par ses voix suaves qui susurrent, “restez calmes, bouchons pas près de sauter…”

Papa attend. Il s’énerve et il attend. Ne pas se déconcentrer. Se méfier de la route. Ne pas créer d’accident. Il attend que les feux passent au vert. Il attend que la circulation se régule.

Il culpabilise. Il attend impatiemment de donner ces excuses et explications à Petite. Il est encore en retard. Vendredi soir c’est toujours galère cette distance entre Petite et son appartement de banlieue. Il faut qu’il se rapproche ! Mais là encore, il faut attendre d’en avoir les moyens…

Papa a hâte de retrouver les bras fluets de Petite autour de ses hanches, d’entendre sonner son rire cristal, de s’étonner de son vocabulaire approximatif, de rire de ses maladresses.

Directrice est pressée !

Cela fait trois mois qu’elle a tout prévu, tout préparé pour fêter les dix ans de son union.

Elle l’attendait cette date !

Un weekend tous les deux en Normandie. Mer, spa, restaurant, hôtel vue sur mer…
Tout doit être impeccable… Et là, elle doit patienter à cause d’un parent, toujours le même d’ailleurs. Elle fulmine. Son coeur tambourine dans son écrin entre bonheur, excitation, exaspération.

Elle s’agace devant le retard que prend ce projet.

 

Amoureux fait les cent pas dans la maison. Il passe de la fenêtre aux rideaux ouverts au canapé du séjour. Il guette. Il guette le son des pas dans le couloir. Il guette l’arrivée de la voiture sur le parking. Ces aller/retour l’épuisent. Au passage il attrape un papier froissé par tant de prises en main. Il lit. Il relit les résultats.

“-C’est pas vrai…

Il a bien du mal à rester en place. Il voudrait lui parler au plus vite. Cracher le morceau ! Livrer de poids qui l’alourdit, là au creux du ventre.
Comment dire ? Comment annoncer ? C’est long ! C’est trop long cette attente ! Qu’est-ce qu’elle fout ? Comment se débarrasser de cette nouvelle ? Comment la prendra-t-elle ?
Comment l’apprendra-telle ? Il envisage tout : larmes, cris, ruptures, fin de cette aventure à deux, de cette complicité si rare à trouver. Entente. Equilibre !

 

VENDREDI  19H

 

“-A table !” chante Papa. Il a préparé lasagnes et crêpes sucrées. Petite court vite s’asseoir. Tous les deux rigolent, l’une face à l’autre qui se débat avec les longs fils de l’emmenthal collés dans la barbe. Un film vidéo ensuite. C’est Petite qui choisit comme toujours. Papa accepte même s’il la connaît par cœur. Moments sacrés. Amour simple et sincère entre Papa et Petite. Moments tant attendus.

 

La clé tourne dans la serrure.

“-Coucou Chéri, c’est moi, tu es prêt ? La voix est gaie, empressée.
Directrice est enfin arrivée, ses petits pas pressés la mènent jusqu’au salon. Elle se fige.
“-Tu es bizarre. Qu’est-ce qu’il y a ?

Amoureux sourit. Mais à peine un côté des commissures qui se soulève du côté gauche.

-”Ben alors, tu n’es pas prêt ? insiste Directrice, inquiète. Amoureux tend le feuillet.

-”Mes résultats ne sont pas bons, ma chérie.” il enchaîne dans un souffle :”-Je rentre à l’hôpital dès lundi”. Il souffle. C’est dit ! C’est lâché !

Directrice parcourt le feuillet, se ressaisit.

“-Bien, d’accord ! Raison de plus pour partir vite et profiter du weekend”, elle court se blottir entre les bras de l’Amoureux.

 

LUNDI 8 H

 

Petite attend l’ouverture des portes de l’école, main perdue dans celle de Papa, tous les deux émus, un peu tristes mais riches des instants passés et près à s’en rassasier jusqu’aux prochaines retrouvailles.

 

Directrice ne sera pas à l’ouverture des portes ce matin.
Elle tient le bras d’ Amoureux d’un côté et porte le petit sac de sport qui contient les quelques affaires de toilette pour l’hospitalisation.

 

Chacune, chacun attend un moment, un événement, une guérison, des rencontres, notre vie est faite de tous ces petits espoirs,

 

Vous comme moi,

NON ?

Flore – 23 juin 2020


La nuit, j’écris des merveilles
La gomme les efface au réveil.

Francis – juin 2020

G.O.M.M.E
Goguenard, il la regardait s’énerver sur ce pauvre liseron qui ne demandait qu’à vivre en paix.
Du vif-argent, voilà ce qu’elle était, si brillante comme l’argent, si vive à l’attaque comme au rire…
Où l’avait-elle rencontré déjà ce jardinier du dimanche ? Il la regardait avec un sourire en coin,
même ses yeux pétillaient et plus il souriait sous cape, plus elle s’énervait.
Même les liserons semblaient compatir à son malheur.
Muette, la tête haute, elle se redressa. Les liserons avaient gagné la bataille pour aujourd’hui. Elle
passa raide devant lui…
… Et se fit attraper prestement.
Il l’enserra dans ses bras, l’embrassa goulûment.
« Ah que je t’aime ma sauvageonne »…
Gamins Oubliés, Magiciens Malgré Eux,
Leur amour gommait le monde, ses tracas et les liserons dans les bras l’un de l’autre.


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